Le drainage lymphatique humoral

Qu’est-ce que le système lymphatique ?

Le système lymphatique est un système de retour des liquides, parallèle au système veineux. En effet, Notre cœur est très performant pour envoyer le sang propre et oxygéné vers nos tissus, via la circulation artérielle, mais la remontée des liquides, pleins de déchets et de gaz carbonique, depuis ces mêmes tissus, est plus difficile. La nature étant bien faite, elle a prévu deux mécanismes parallèles pour organiser cette remontée : le système veineux et le système lymphatique.

Contrairement au système veineux qui est un système fermé (partant du cœur, le sang revient au cœur), le système lymphatique est dit ouvert (il part des tissus et remonte vers la circulation veineuse, en amont du cœur). Il part de la superficie du corps vers la profondeur. Dans la profondeur, les gros troncs profonds remontent la lymphe vers la veine jugulaire et la veine sous-clavière (au niveau du cou).  Les pores des vaisseaux lymphatiques sont plus gros que dans le système veineux, laissant y pénétrer des déchets qui ne repartiraient pas dans les capillaires veineux (de par leur taille) ainsi que des graisses.

Il fait intervenir des vaisseaux lymphatiques et des ganglions. Pour que ceci soit possible, les ganglions lymphatiques vont « digérer » les déchets avant de les réinjecter dans le circuit veineux.

Les ganglions sont de vraies usines immunitaires : avec des lymphocytes, des macrophages, des phagocytes.

Un peu d’histoire …

Le drainage lymphatique trouve ses origines dans la Grèce antique où Diogène d’Apollonie, 5 siècles avant Jésus-Christ, décrivit le système lymphatique de l’intestin.  C’est au 17e siècle que les études ont véritablement repris, menant à une connaissance précise de ce système de retour ouvert, drainant de l’eau et certains déchets, ainsi que les mécanismes immunitaires qui y entrent en jeu.

Au début du 20e siècle, les règles de l’équilibre hydrique sont bien comprises. Collard et Castley comprirent aussi que le massage, opérant des pressions trop fortes, n’a aucun effet sur la lymphe car il écrase les tissus. Il fallait donc mettre au point une méthode permettant d’améliorer la circulation des liquides dans le système lymphatique. Plusieurs écoles ont vu le jour, avec des méthodes plus ou moins complètes.

A quoi sert le drainage lymphatique ?

Le drainage lymphatique humoral (le terme « Drainage Lymphatique Manuel » ou « DLM » ayant été déposé par l’école Vodder, nous ne l’utiliserons pas) est une méthode 100% manuelle intégrant plusieurs techniques : pressions-pompages des ganglions, appels et chasses sur le trajet des vaisseaux lymphatiques. Elle est plus complète que la méthode Vodder.

Voici quelques applications :

–      Les oedèmes : Le drainage permet de réduire voire résorber de nombreux œdèmes, à condition qu’ils soient dits « hydrostatiques » (liés à la pression de l’eau). Les œdèmes dits « oncotiques » (liés à la présence de protéines dans les artérioles) ne peuvent pas être résorbés ainsi (comme les œdèmes cardiaques).

En pratique, le drainage améliorera les oedèmes consécutifs à :

  • Blessure ou fracture (comme dans l’algodystrophie post-traumatique)
  • Intervention chirurgicale (ablation de ganglions, opération du nez …)

–    La stimulation de l’immunité : notamment pour prévenir les rhumes et grippes en début de saison froide. En drainant les déchets et en stimulant les ganglions, on nettoie notre belle mécanique !

–     La réduction des états inflammatoires : tendinite, courbatures, sciatique …, maux de tête et migraines …

–    L’insuffisance veineuse ou lymphatique : rétention d’eau, varices, vergetures, cellulite

Les contre-indications :

Les principales contre-indications sont  les cas de gangrène, thrombose, œdèmes cardiaques, intoxications, phlébite et paraphlébite, asthme bronchial, goitre due à une hyperthyroïdie, tumeurs non traitées risquant de métastaser, tuberculose. D’autres contre-indications sont plus relatives et à traiter au cas par cas et zone par zone : les cancers traités, le drainage profond de l’abdomen lors des règles, les appendicites, salpingites, cystites, kystes ovariens et les fibromes. Le cas de l’éléphantiasis est particulier : le drainage n’est pas dangereux mais n’aura aucun effet.

La séance

Cette technique est très douce, précise et lente. Une séance dure facilement 1h30 à 2h, ou davantage selon l’étendue des zones à traiter.

Elle n’a rien à voir avec les bottes que l’on peut vous poser chez le kinésithérapeute. Les résultats seront forcément très différents.

L’idéal est de renouveler les séances une fois par semaine.  Surtout, ne pratiquez pas de massage entre les séances de drainages, sous peine d’en perdre le bénéfice !